“De pauvre condition, Fanny Price est placée dès l’âge de dix ans chez son oncle et sa tante dans la somptueuse demeure de Mansfield Park. Fanny est élevée avec ses cousins plus âgés, qui la méprisent ; seul Edmund fait preuve de gentillesse. Au fil des ans, la gratitude qu’elle éprouve pour Edmund se transforme en un amour secret. Cependant, l’arrivée de Londres des Crawford va compliquer encore la vie de Fanny…”
Si je devais classer les romans de Jane Austen que j’ai déjà pu lire, Mansfield Park occuperait sans conteste la deuxième place, tout juste derrière Orgueil et Préjugés, difficilement détrônable ! Ayant appris l’existence d’une adaptation, je me suis précipitée sur le Dvd, intriguée de voir comment le roman, d’une grande richesse, avait été transposé. Je sais qu’en général film et livre valent rarement la comparaison, mais j’étais partie plutôt confiante…
Mon enthousiasme s’est refroidi dès les premières minutes. Le téléfilm souffre d’un manque de moyens que l’on remarque presque immédiatement. Le doublage m’a également posé problème. Je ne saurais trop expliquer pourquoi, mais voix et dialogues m’ont paru agaçants, au point que j’ai fini par choisir la V.O., ce que je ne fais pas du tout systématiquement (et à tort !).
Billie Piper, que je découvrais pour la première fois, m’a semblé trop “moderne” pour incarner Fanny (dès la jaquette du DVD en réalité). Tout au long du film, je me suis demandée où était passée la jeune fille discrète, prudente, bienveillante, un brin naïve. Fanny, version film, m’a paru peu sérieuse, parfois à limite de l’insolence, sans cesse échevelée… Au sens propre, comme au sens figuré d’ailleurs : le personnage court tout le temps, pas une scène ou presque où elle se déplace “normalement”, c’en est fatiguant ^^!
Cette “modernité” est d’ailleurs le reproche que je ferai à l’ensemble des acteurs et au film de manière générale. A quelques exceptions près, les situations, le maintien des personnages, certains dialogues, les regards, les gestes, tout m’a semblé décalé, inadapté et, en outre, totalement dénué de la profondeur et de la subtilité du roman.
Les lacunes vis à vis du livre sont trop nombreuses. Ceci s’explique bien entendu par le fait que le téléfilm ne dure qu’une heure et demi, toutefois certaines ellipses et un manque d’analyse rendent tout de même la compréhension des événements difficiles, surtout pour le spectateur qui n’a pas lu le roman. C’est un “reproche” que je ferai à un autre des volumes de cette collection de films (Emma qui en dehors de cela m’a beaucoup plu !) : les personnes qui l’ont regardé avec moi ne connaissaient pas le livre et ont perdu, par moment, le fil des événements…
Pour conclure ce billet “un brin” négatif, je le conçois, je dirais que ce téléfilm n’est pas mauvais, qu’il est même assez divertissant, mais qu’il ne rend pas assez, à mon sens, hommage à l’œuvre qu’il transpose. Au final, j’attendais la série BBC Orgueil et Préjugés et j’ai vu un du film de Joe Wright : sympathique, mais sans plus.
Fée Bourbonnaise est un peu moins sévère que moi…